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Épargne, l’heure de vérité

L’épargne, partie non consommée du revenu, est, en cette période de fortes incertitudes, est la proie à toutes les convoitises et à toutes les démagogies. Pour financer les dépenses publiques qui ne cessent d’augmenter, sa taxation accrue est souvent avancée. L’épargnant est par définition aisé. S’il met de l’argent de côté, c’est qu’il gagne bien sa vie. C’est oublier que 70 % des ménages épargnent en France que ce soit par précaution ou pour financer, à terme, un projet bien souvent immobilier. Par ailleurs, plus d’un Français sur deux épargne en vue de la retraite, conscient que les pensions des régimes obligatoires ne suffiront pas, dans les prochaines années, à garantir leur niveau de vie.

Augmenter les prélèvements sur l’épargne ne constitue, en aucun cas, une solution aux problèmes de finances publiques auxquels nous sommes confrontés. Il ne faut pas oublier que les revenus à l’origine du capital sont déjà taxés et,  en France, plutôt lourdement. Ils subissent l’impôt sur le revenu, la CSG et la CRDS. Nous pourrions y ajouter les cotisations sociales.

Imposer le capital à travers l’instauration, par exemple, d’un impôt sur la fortune, aboutit à une double imposition. La quasi-totalité des pays occidentaux ont, à ce titre, renoncé aux impôts sur le capital. Au temps de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) entre 1988 et 2017, de nombreux ménages avaient opté pour l’expatriation ou pour des placements permettant soit d’en réduire l’assiette, avec l’acquisition d’œuvres d’art, ou d’améliorer le rendement de leur épargne ce qui avait contribué au succès des SCPI. Ces placements n’étaient pas obligatoirement les plus utiles pour l’économie française.

Imposer le capital est un mauvais message adressé aux investisseurs. Or, la France a un ardent besoin de capitaux étrangers pour financer ses multiples déficits. L’épargne française ne suffit pas, à elle seule, à couvrir le déficit public qui a atteint 5,5 % du PIB en 2023. L’État, en 2024, émettra pour 285 milliards d’euros, un record historique, dont plus de 40 % seront acquis par des investisseurs étrangers. La France a également besoin de capitaux extérieurs en raison d’un déficit, devenu chronique, de sa balance des paiements courants. En raison d’un solde commercial négatif, le pays s’endette auprès de l’étranger. Si, à un moment où un autre, les investisseurs non-résidents doutent de la capacité de la France à rembourser, les taux d’intérêt s’envoleront comme ce fut le cas, en 2012, en Grèce.

Pour limiter notre dépendance vis-à-vis de l’étranger, le maintien d’une forte épargne est indispensable. Des voix se sont fait entendre pour imposer plus durement les revenus des placements financiers qui bénéficient, depuis 2018, du prélèvement forfaitaire unique, 12,8 % au titre du prélèvement fiscal et 17,2 % au titre des prélèvements fiscaux. Le retour au barème de l’impôt sur le revenu reviendrait à instituer un taux marginal sur les revenus de l’épargne de plus de 62 %. Un tel taux serait dissuasif et pénaliserait tout à la fois les épargnants, le financement de l’État et l’économie. Avec la transition écologique, avec la digitalisation avec les besoins des armées, le pays doit accroître son effort d’investissement ; or celui-ci, pour être vertueux, suppose qu’il repose sur l’épargne. En ces temps complexes, il ne faut surtout pas désespérer les épargnants qui sont la clef de voûte des succès futurs.

Jean-Pierre Thomas

Président de Thomas Vendôme Investment

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