Loi Thomas
Où nous porte le vent?
Depuis plusieurs années, et tout particulièrement depuis la crise sanitaire de 2020, les États occidentaux semblent avoir perdu leur boussole. Les gouvernements sont soumis à la dictature de l’immédiat et godillent pour éviter les écueils, sans pour autant parvenir à les contourner. Ils essaient d’éteindre les incendies qui se multiplient avec, comme seul fil conducteur, un endettement croissant. Le taux de dette publique de la France a dépassé 117 % du PIB au premier trimestre 2026. Pour mémoire, il était inférieur à 60 % au début du siècle et à 25 % en 1981. Nul ne sait vraiment comment arrêter ce train d’enfer ! La dette est devenue une fatalité qui ronge nos finances publiques et nous expose à des lendemains sombres. L’argent magique appartient aux contes de fées. Le plus grave, dans cette histoire, est que l’argent public n’est pas consacré au financement de projets d’avenir, porteurs de croissance. Les infrastructures de la France vieillissent, les équipements militaires sont hors d’âge et en nombre insuffisant. Or, à l’Assemblée nationale, et cela ne date pas d’hier, le concours Lépine du toujours plus de dépenses est toujours d’actualité. Nul ne veut réellement se poser la question de la croissance, ni celle des moyens de l’accroître pour faire face aux dépenses publiques. Dans une surenchère populiste, le plus petit dénominateur commun est la reconduction des politiques passées. Ne rien changer jusqu’à la disparition complète du navire dans les flots. Je crains que la campagne présidentielle ne rime, encore une fois, avec démagogie. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le pays était exsangue et fragmenté sur le plan politique. La dette publique dépassait alors 250 % du PIB. Pour autant, grâce à un effort de tous les Français, le pays s’est relevé. Cela n’a été rendu possible que par l’accroissement du volume de travail. Les salariés à temps complet travaillaient alors plus de 2 000 heures par an, contre 1 600 heures aujourd’hui. En aucun cas, je ne souhaite le retour à la norme de 1950, mais je pense que nous pouvons accepter de travailler davantage, avec à la clé une rémunération plus élevée pour les salariés, notamment pour ceux dont les revenus sont les plus faibles. La règle du donnant-donnant doit s’appliquer. Pour nous en sortir, la revalorisation du travail est une ardente obligation. Il ne faut pas oublier que, si la France avait un taux d’emploi équivalent à celui de l’Allemagne, une grande partie de ses déficits publics serait effacée.
Jean-Pierre Thomas
Président de Thomas Vendôme Investment