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« Le train ne sifflera pas trois fois »

« Le train ne sifflera pas trois fois »

Le catastrophisme est la religion des temps nouveaux. Toute information se doit d’être plus sombre que la précédente. La fin du monde nous est promis tous les matins ou presque. Dans cette période trouble, toute rumeur est une vérité en puissance. L’analyse n’a plus droit au chapitre. Quand le mégawattheure d’électricité atteint 1000 euros sur un contrat à terme pour 2023, les réseaux sociaux crépitent en répétant à l’infini que les factures d’électricité des ménages seront multipliées par cent au 1er janvier prochain. Peu sont ceux qui ont souligné qu’un contrat à terme est avant tout un signal à une date « t ». Au mois d’avril 2020, lors du premier confinement, le baril de pétrole s’échangeait à terme à -17 dollars or, nul n’a espéré voir sa station essence préférée lui donner de l’argent pour faire le plein de sa voiture. Les pythies en tout genre exploitent les peurs des uns et des autres pour s’enrichir.

 

La société de communication repose sur les clics, et l’ouverture de pages. De tout temps, le malheur attire plus que le bonheur. Le succès des séries sur l’univers médical en est la meilleure preuve. Après avoir durant des décennies vanté les mérites de la science, du progrès technique,  une part croissante de la population semble, en Occident, réceptive aux peurs millénaristes. L’accumulation des crises conduit sans nul doute à la prise de distance vis-à-vis de la Raison. Si l’exploitation des peurs est devenue le quotidien de millions de personnes, elle le doit à la remise en cause et à la disparition des penseurs, des intermédiaires, des hommes et des femmes qui par leur savoir, leur sagesse influaient, il y a encore quelques années, sur le cours des débats. Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, Jean-François Reval, le Cardinal Lustiger, Simone de Beauvoir étaient des références écoutées. Les élus nationaux pesaient bien plus qu’aujourd’hui. Le Général de Gaulle mais aussi Valéry Giscard d’Estaing ou Simone Veil en France, Konrad Adenauer ou Helmut Schmidt en Allemagne étaient capables de porter des projets à long terme, au-delà des contingences de l’immédiateté.

 

L’économie repose sur la confiance, sur l’espoir de jours meilleurs. Sans la confiance, la combinaison du capital, du travail et du progrès technique n’a guère de sens. En 2022, plus de trente ans après la chute de l’URSS, nombreux sont ceux qui souhaiteraient régler leur compte avec le capitalisme. De la grande démission à la démission silencieuse, le travail est une valeur en question quand le progrès technique est remis en cause. En cette rentrée 2022 marquée par une surenchère de prévisions plus pessimistes les unes que les autres, il est urgent de prendre la mesure et non la démesure de la situation économique. Avant la crise sanitaire, l’économie européenne piétinait faute de gains de productivité. Aujourd’hui, cela est toujours le cas mais cela se double d’une énergie rare et chère. L’Europe a un problème d’accès à l’énergie récurrent depuis 1973. Après avoir raté le train de la révolution digitale, elle ne parvient pas à rattraper son retard, en raison de marchés segmentés, en particulier dans le domaine financier. Elle risque en outre d’être une victime collatérale des tensions géopolitiques croissantes entre les États-Unis et la Chine. Face à un risque de marginalisation, il y a la possibilité de se plaindre ou de construire le futur en travaillant en faveur de l’indépendance énergétique et financière.

 

Jean-Pierre Thomas Président

de Thomas Vendôme Investments

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