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L’inflation est un mal dont il faut se jouer

L’inflation est un mal dont il faut se jouer

 

L’inflation est un phénomène monétaire sur lequel se greffe des déséquilibres. La monnaie fournit le carburant aux tempêtes des prix. Le tenants de la Nouvelle Théorie Monétaire ont tenté de nous faire croire que l’action publique ne connaissait pas de limites tout comme l’endettement tant que l’inflation ne se manifestait pas. Comme celle-ci avait disparu des écrans radars depuis une vingtaine d’années, les responsables publics avaient comme devoir d’augmenter les dépenses en abusant de la facilité monétaire, c’est-à-dire en recourant non plus à la démodée planche à billets mais aux politiques monétaires dites non conventionnelles offertes par les banques centrales. Ce scénario magique vole en éclat depuis le milieu de l’année dernière. La désorganisation de l’offre, provoquée par la crise sanitaire et les plans de relance, a relancé  dans l’économie réelle l’inflation qui s’était logée, depuis la crise financière, sur les marchés « actions » et « immobilier ». La crise ukrainienne a généré plusieurs chocs d’offre qui se répercutent sur les prix à la consommation. Au vu des tombeaux de liquidités déversés depuis une quinzaine d’années, le risque de marée inflationniste est important. Les économies occidentales renouent avec un mal vieux comme le monde. La première expérience répertoriée d’inflation date de l’époque de Denys 1er dit le tyran de Syracuse dans l’Empire Romain qui régna entre 405 et 367 avant Jésus Christ. Confronté à d’importants problèmes budgétaires, il a décidé de rappeler les pièces et de les fondre afin d’en fabriquer plus pour la même quantité de métal. À la fin du IIIe siècle, l’empereur Dioclétien réduit également le poids en or de la monnaie puis passe au bronze et au cuivre pour en émettre toujours. Il ne fait qu’alimenter l’inflation.

 

L’inflation nourrit les défiances. Ses profiteurs réels ou supposés sont conspués, chassés voire tués quand les perdants assistent impuissants à la perte de leurs revenus et de leur patrimoine. Elle détruit et crée des situations de rente. Elle alimente les tensions sociales. Elle est un facteur de désorganisation des sociétés. Si l’État peut en sortir gagnant dans un premier temps à travers la réduction artificielle du poids de la dette, il en sort affaibli dans un second temps. Malgré l’afflux d’or, au XVIe siècle, en Espagne, en 1557, Philippe II est contraint de déclarer son pays en banqueroute. Entre 1550 et 1650, la quantité d’or en Espagne avait été multipliée par huit. L’économiste angevin du XIVe siècle, Jean Bodin, soulignait, à juste titre, « qu’il n’y a de richesse que d’hommes » et… de « femmes ». À la même époque ou presque, le conseiller économique du Roi Charles V dit le Sage, Nicolas Oresme a posé les bases de ce qui deviendra la théorie monétariste développée au XXe par Milton Friedman en condamnant toute altération de la monnaie. Pour lutter contre l’inflation, les pouvoirs publics doivent s’interdire toute manipulation de la monnaie. L’histoire prouve que les enseignements du passé sont vite oubliés. La mémoire de la triste expérience des assignats en 1797 comme l’hyperinflation de 1924 en Allemagne s’estompe. Les épargnants figurent parmi les victimes désignés de l’inflation. Pour le moment, les pays occidentaux sont loin de rééditer les emballements du passé. Les banques centrales ont acquis en la matière une certaine expérience. Pour autant, les épargnants qui figurent parmi les premières victimes de l’inflation se doivent d’être agiles. Ils doivent sortir de leur zone de confort, des produits de taux, et privilégier les actions notamment les fonds d’entreprises non coté. Le private equity offre l’avantage d’être moins volatil que les marchés d’actions cotées. Les entreprises peuvent répercuter les hausses de coûts et ainsi préserver leurs résultats autant que possible. Elles ont surtout la possibilité de réaliser des gains de productivité qui peuvent leur permettre de s’affranchir des majorations de prix. Les périodes d’inflation sont comme toute période troublée une source d’opportunités, de changements de rapports de force et de mutations technologiques. Elles sont déstabilisantes surtout pour ceux qui restent à quai.

 

 

Jean-Pierre Thomas

Président de Thomas Vendôme Investments

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