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5 mai 2022 • L'édito

Oser la vérité !

Oser la vérité !

 

Quatre crises en moins de quinze ans pour l’Europe, la crise des subprimes et de la dette publique, l’épidémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. Nous pourrions en ajouter une cinquième avec le Brexit. Le Vieux continent peine à effacer les stigmates d’une crise que la suivante la télescope. Si les crises sont des sources d’opportunités, elles sont génératrices de lassitude et de fatalisme. De plus en plus, nous sommes sur l’arrête des difficultés avec d’un côté un endettement massif et de l’autre une inflation renaissante qui dispose d’un réservoir de liquidités impressionnant. Depuis une dizaine d’années, les gouvernements et les banques centrales ont évité certains écueils ; ils ont empêché l’implosion du système financier ou la faillite d’un certain nombre d’États dont la Grèce. Ils ont réussi à préserver des vies tout en garantissant le niveau de vie des populations, du moins en Occident, durant l’épidémie de Covid. Des milliers de milliards de dollars ont été injectés au fil de ces crises pour résoudre en temps réel aux difficultés. La guerre en Ukraine provoque une série de chocs externes. En touchant l’énergie, les matières premières, les produits agricoles et certains biens intermédiaires, elle met sous tension l’ensemble des chaines de valeur déjà fragilisés par la pandémie. Les États, les populations prennent conscience, une fois de plus, de la fragilité des économies, des interdépendances et la rareté des biens. La notion de pénurie qui dans les pays avancés était une abstraction est redevenue une réalité. Depuis 2020, des masques à l’huile de tournesol en passant par les microprocesseurs, la liste des produits connaissant des problèmes d’approvisionnement s’allonge au point de mettre en arrêt des usines. Le paysage économique de l’après élection présidentielle est sans précédent depuis la fin de Seconde Guerre mondiale. La mondialisation semble avoir vécu, la planète se fracturant de plus en plus, la transition énergétique et la guerre en Ukraine imposent de changer de fond en comble notre consommation de produits énergétiques, Le poids des dettes passées réduit les marges de manœuvre au moment où les populations demandent plus de protection, de sécurité et d’égalité. « Oser la vérité » est difficile pour les gouvernements quels qu’ils soient. Il est plus facile de vendre du rêve que « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » pour paraphraser Winston Churchill. L’heure de vérité, même si elle a été décalée à plusieurs reprises, grâce notamment aux politiques monétaires non conventionnelles, se rapproche. La fuite en avant budgétaire et monétaire n’est pas éternelle. À nous de retrouver les voies de la sagesse.

 

Jean-Pierre Thomas Président

de Thomas Vendôme Investments

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