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Pour une nouvelle lecture des bénéfices

En 2022, au niveau mondial, les dividendes se sont élevés à 1560 milliards de dollars en hausse de 14 % sur un an.

Les producteurs de pétrole et de gaz et les sociétés financières expliquent la moitié de la croissance mondiale des dividendes. Ces derniers sont de plus en plus réalisés non pas dans les pays occidentaux mais au sein des pays émergents. Les entreprises du CAC40 auraient versé près de 60 milliards de dollars à leurs actionnaires. Certains se sont offusqués des bénéfices des grandes entreprises et de l’appréciation du cours des actions. D’autres ont même demandé l’instauration d’une taxe sur les superprofits ou la création d’un prélèvement afin de financer les retraites. De nombreuses confusions ou erreurs sont entretenues sur ce sujet.

Première erreur, l’assimilation d’une appréciation boursière avec un revenu est l’erreur qui circule le plus. Le cours d’une action évolue en temps réel à la hausse ou à la baisse en fonction de diverses considérations sans pour autant que le niveau de revenu de son propriétaire soit affecté.

La deuxième erreur est de ne considérer les résultats des entreprises que sur une année quand une approche de moyen terme est indispensable. L’entreprise PSA membre désormais de Stellantis qui aujourd’hui enregistre des bénéfices importants était il y a peu en difficulté. Il ne faut pas en outre oublier, comme l’avait souligné, en 1974, l’ancien chancelier allemand, social-démocrate Helmut Schmidt, que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain». Or, face à l’ardente nécessité de la transition énergétique, les entreprises se doivent d’investir des sommes conséquentes.

Troisième erreur, l’idée qu’il est possible de s’arroger en France les bénéfices réalisés par des entreprises mondiales. La plus grande partie des profits des grandes entreprises ne provient pas de France mais de l’ensemble des États dans lesquels elles sont présentes. En vertu de quoi, seuls les Français pourraient en profiter, sachant qu’ils sont le produit du travail de salariés et de consommateurs étrangers ?

Quatrième erreur qui perdure dans le temps, les actionnaires ne sont pas légitimes pour recevoir une partie des profits. Les dividendes constituent la contrepartie de la prise de risque prise par l’actionnaire qui a contribué à financer l’entreprise.

Contrairement à quelques idées préconçues, sur moyenne période, le partage de la valeur ajoutée, en France, ne s’est pas effectué au détriment des salariés. Les beaux dividendes de 2022 devraient inspirer non pas des critiques qui reposent bien souvent sur la jalousie mais donner lieu à une réflexion sur les fonds de pension. Chez nos partenaires, ces derniers sont des actionnaires de premier ordre. Ils ont acquis une part non négligeable des belles entreprises françaises. Les profits de ces dernières font ainsi le bonheur des retraités américains, allemands, anglais ou néerlandais. La loi PACTE avec l’instauration des Fonds de Retraite Professionnelle Supplémentaire a facilité l’investissement en actions des compagnies d’assurances mais il reste du chemin à parcourir pour doter la France de réels fonds de pension. Aujourd’hui un quart des salariés sont couverts par des produits d’épargne retraite. Le montant des cotisations à ces produits reste faible autour de 4 %. Leur généralisation sous forme d’accord de branche est une nécessité pour maintenir le niveau de vie des futurs retraités et pour garantir le financement des entreprises françaises, les grandes mais surtout celles de taille intermédiaire ou moyenne.

Jean-Pierre Thomas

Président de Thomas Vendôme Investment

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