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Retrouver l’esprit de pionniers

À la fin de son septennat, Valéry Giscard d’Estaing se félicitait qu’en quelques années, la France ait pu se doter d’un parc de centrales nucléaires lui permettant de bénéficier de l’électricité la moins chère d’Europe et même d’en exporter en Allemagne. Cinquante ans plus tard, le déficit du commerce extérieur dépasse 150 milliards d’euros, le poids de l’industrie a été divisé par deux, la dette publique a été multipliée par cinq et l’électricité, hier abondante, est devenue rare au point de craindre des rationnements. Ces derniers n’ont pas eu lieu et espérons qu’il en sera ainsi dans les prochains mois mais ils sont les illustrations des erreurs commises depuis des années.

La préférence par électoralisme, par démagogie, aux dépenses de fonctionnement au détriment de celles en faveur de l’investissement est en grande partie responsable de la situation peu envieuse dans laquelle nous nous trouvons. L’abandon de Superphénix et l’arrêt de toute nouvelle construction de centrales nous exposent à un problème d’approvisionnement électrique au moment même où cette énergie est en voie de remplacer le pétrole et le gaz. Les centrales nucléaires construites essentiellement dans les années 1970 et 1980 ont à présent plus de quarante ans. La seule solution est d’allonger leur durée de vie au prix de travaux d’entretien de plus en plus coûteux. D’un atout, nous avons fait une faiblesse. Quand, dans le passé, les durées de construction étaient de quelques années, elles peuvent, comme avec l’EPR de Flamanville dépasser une dizaine d’années. En matière de coût de construction, ce projet est devenu pharaonique, près de 20 milliards d’euros en 2022, soit six fois qu’initialement prévu.

La multiplication des contraintes bureaucratiques et la perte de compétences générée par la désindustrialisation transforment désormais tout chantier en une aventure digne des Douze travaux d’Hercule. La décision de relancer un nouveau programme nucléaire, après moultes années de reculs et de tergiversations est une bonne nouvelle mais manque d’ambition. Quand Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing optent pour les centrales nucléaires à eau pressurisée, leur choix est commandé par la recherche de la plus grande efficience énergétique. Ils demanderont aux équipes d’ingénieurs français d’améliorer les brevets américains de PWR. Ce pari a été gagnant offrant à la France un savoir-faire reconnu de toutes et tous. En parallèle à la construction de nouvelles centrales, de nouveaux programmes de recherche sont nécessaires pour accélérer la construction des réacteurs, pour en améliorer l’efficacité. Des équipes aux États-Unis, en Russie notamment travaillent sur la fusion nucléaire de manière indépendante du projet d’Iter qui est d’une rare complexité. Les projets de  microcentrales nucléaires, moins coûteuses, plus faciles à installer, moins consommatrices d’eau se développent.

Depuis près de soixante-dix-ans, la France a toujours été en pointe en matière d’énergie nucléaire grâce à la mobilisation des acteurs publics et des acteurs privés. Il est indispensable de retrouver l’esprit de pionniers qui a permis à la France devenir dans les années 1980 le pôle de référence pour l’énergie nucléaire.

Jean-Pierre Thomas

Président de Thomas Vendôme Investment

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