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Serons-nous fous avant d’être vieux ? 

« Serons-nous fous avant d’être vieux ? »

Les économies européennes font, depuis des années, du surplace. Nous avons l’impression que tout nous échappe, que nous ne maitrisons plus grand-chose. D’un côté, nous craignons la surpopulation, de l’autre nous nous désolons de l’absence de médecins, de conducteurs de bus et d’ouvriers dans le bâtiment. Avec une population active, bientôt en baisse, avec la disparition des gains de productivité comment financerons nous les 23 millions de retraités du milieu du siècle ? Comment arriverons-nous à maintenir en état le soi-disant meilleur système de santé du monde ? Comment gérer plus de deux millions de personnes dépendantes en 2040 ? Afin de lutter contre le réchauffement climatique, il nous est recommandé de moins consommer, d’économiser l’énergie au nom de la transition énergétique. Dans le même temps, les pouvoirs publics nous aident pour maintenir notre consommation et pour atténuer l’augmentation des prix des hydrocarbures. Il nous est demandé de passer à la voiture électrique mais dans le même temps les gouvernements européens indiquent qu’il sera impossible de supprimer les ventes des voitures à moteur thermique en 2035. Certains s’interrogent de l’efficience des modèles électriques avec des batteries difficilement recyclable, des autonomies limitées, des temps de charge élevés et un réseau électrique obsolète. D’autres estiment qu’il est urgent d’attendre l’arrivée à maturité des moteurs à hydrogène voire l’amélioration des bons vieux moteurs thermiques. Toujours au nom de l’indispensable transition énergétique, les logements mal isolés seront dans les prochaines années interdits à la location ce qui peut, faute de constructions neuves, qu’accroître les difficultés des Français pour trouver, à bon prix, un toit.

Les retraites, la santé, la transition énergétique auxquels il faut ajouter la modernisation de nos armées et la modernisation de notre système éducatif sont des sources de dépenses. Ces besoins se chiffrent en plusieurs points de PIB, sachant que la France possède déjà le record de l’OCDE pour les dépenses publiques, plus de 57 % du PIB. Plus de la moitié de la création des richesses est utilisée à des fins publiques, les dépenses sociales représentant plus du tiers du PIB. Au rythme actuel, sans changement de trajectoire, le déficit public de la France pourrait demeurer au-dessus de 5 % du PIB entrainant un emballement de la dette publique, emballement qui pourrait envoyer le pays en territoire inconnu et dangereux si les taux d’intérêt poursuivaient leur hausse. L’exemple britannique a prouvé récemment que les États ne pouvaient pas indéfiniment s’affranchir des règles traditionnelles de bonne gestion des deniers publics. La question aujourd’hui est de savoir comment éviter la sortie de route ? Nous devons pour éviter une chute dans le précipice du surendettement sérier les défis, réaliser des économies et des arbitrages au niveau des dépenses, favoriser l’activité c’est-à-dire l’offre, en cessant d’avoir un discours anti-progrès. C’est par l’innovation, les gains de productivité, et le travail que nous réussirons à passer le cap difficile des années à venir.

Après la crise sanitaire, le président de République a sorti de ses limbes le Commissariat Général au Plan, lors de la campagne présidentielle, il a fait sien le concept de planification écologique. Pour le moment, cette appétence planificatrice est demeurée assez théorique. Dans une économie complexe, ouverte, il n’est pas certain que la voie de la planification soit la plus adaptée. L’État devrait avant tout fixer les grandes orientations, s’engager dans quelques projets et laisser à l’offre le soin de s’organiser. La nouvelle conquête de la lune aux États-Unis prouve que le secteur privé sait mieux qu’une agence administrative trouver les solutions efficientes à la condition qu’il y ait un cap clair et une concurrence réelle.

Jean-Pierre Thomas

Président de Thomas Vendôme Investments

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